L'assurance décennale, avant tout le reste
C'est la mention qui distingue un devis de maçon de tous les autres, et celle qu'on oublie le plus. Vos devis et vos factures doivent indiquer :
- le nom et les coordonnées de votre assureur ;
- le numéro de contrat ;
- la couverture géographique du contrat — c'est cette précision qui manque presque toujours.
Le gros œuvre relève de la garantie décennale : fondations, murs porteurs, dalle, charpente. Un client averti la réclamera, et un particulier qui se renseigne avant de signer préférera systématiquement le devis qui la porte.
Le taux de TVA, qui n'est pas de 20 %
C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle se retourne contre vous : si vous facturez 20 % à un client qui avait droit à 10 %, il vous le reprochera ; si vous facturez 10 % sans droit, l'administration vous réclamera la différence.
- 10 % — travaux d'amélioration, transformation ou entretien d'un logement achevé depuis plus de deux ans.
- 5,5 % — travaux de rénovation énergétique et travaux induits.
- 20 % — construction neuve, extension qui augmente la surface de plus de 10 %, locaux professionnels.
Aux taux réduits, le client doit vous remettre une attestation avant le début des travaux. Sans elle, c'est vous qui répondez du redressement. Mentionnez-la sur le devis : « taux de 10 % sous réserve de la remise de l'attestation ».
Si vous êtes en franchise en base de TVA, rien de tout cela ne s'applique : vous facturez sans TVA, avec la mention de l'article 293 B du CGI. Le formulaire ci-dessus le gère.
Les postes qu'on oublie, et qui coûtent
- L'évacuation des gravats. Une benne coûte plusieurs centaines d'euros. Si elle n'est pas au devis, le client considérera qu'elle est comprise.
- L'installation de chantier : échafaudage, protection, branchement provisoire, nettoyage final.
- L'accès difficile : brouettage, étage sans ascenseur, rue étroite. Un chantier de centre-ville n'a pas le même coût qu'un pavillon avec allée.
- Les aléas : que se passe-t-il si l'on découvre un réseau enterré ou un sol instable ? Écrivez-le, sinon la discussion aura lieu la pelleteuse à l'arrêt.
Les unités justes
Un devis en une ligne à 12 000 € n'engage personne et se conteste. Chaque poste doit porter sa quantité et son unité :
- ml — mètre linéaire : fondations, longrines, murets
- m² — murs, dallage, enduit
- m³ — béton, terrassement, remblai
- forfait — installation de chantier, évacuation
Acompte et échéancier
Sur un chantier de plusieurs semaines, l'acompte n'est pas une marque de méfiance, c'est la norme. Trente pour cent à la commande est courant, avec un échelonnement au fil des étapes : fondations terminées, murs montés, réception. Le devis fixe ces jalons — c'est ce qui vous évitera d'avancer les matériaux sur votre trésorerie.
Précisez aussi la date de début et la durée estimée. Un client qui attend depuis six semaines sans date écrite est un client qui appelle un concurrent.
Ce que dit la loi sur le devis en maçonnerie
Le devis est obligatoire pour les travaux du bâtiment, quel que soit le montant. Il est gratuit par principe : si vous facturez son établissement — déplacement, étude, métré —, vous devez en informer le client avant de vous déplacer.
Prévoyez une durée de validité. Le prix des matériaux bouge ; sans durée indiquée, vous restez engagé sur un tarif qui n'existe plus. Trente jours est l'usage, quinze en période de tension sur les prix.
Pour la liste complète des mentions communes à tous les devis, voyez notre guide sur le contenu d'un devis.