La préparation des supports, poste à part entière
C'est le premier sujet de désaccord, et il est facile à désamorcer. Le client voit « peinture murs, 78 m² » et croit que tout est compris. Vous, vous savez que lessiver, reboucher et poncer représente parfois la moitié du temps passé.
Écrivez la préparation sur des lignes distinctes, avec son prix propre :
- lessivage et dégraissage ;
- rebouchage des fissures et trous, enduit de lissage ;
- ponçage et dépoussiérage ;
- traitement des moisissures ou des taches, s'il y a lieu ;
- impression ou sous-couche sur supports neufs, poreux ou repris.
Et précisez ce que vous ne faites pas : « ne comprend pas le décollement du papier peint existant » vaut mieux qu'une discussion le lundi matin.
Le nombre de couches, écrit noir sur blanc
« Peinture des murs » ne veut rien dire. Une couche sur un blanc existant n'est pas deux couches sur un mur rouge. Indiquez toujours le nombre de couches, et la nature du produit : acrylique ou glycéro, mat, satin ou velours.
Si le client fournit une teinte foncée ou un changement de couleur radical, mentionnez qu'une couche supplémentaire pourra être nécessaire, et à quel prix. C'est la situation qui produit les devis complémentaires mal acceptés.
Les mètres carrés : les vrais, pas ceux du sol
Un particulier raisonne en surface au sol — « mon salon fait 25 m² ». Vous peignez des murs et un plafond, soit trois à quatre fois plus. Si votre devis affiche « 78 m² » sans expliquer, il paraît gonflé.
Détaillez donc : murs d'un côté, plafonds de l'autre, et indiquez les déductions faites pour les ouvertures. Une ligne « surfaces relevées sur place le 12 mars » suffit à couper court.
La peinture est-elle fournie ?
À préciser sans ambiguïté, parce que l'écart de prix est considérable. Si vous la fournissez, indiquez la marque et la gamme : un client qui compare deux devis sans cette information comparera deux chiffres qui ne recouvrent pas la même chose, et le moins-disant gagnera.
Si c'est le client qui fournit, écrivez que vous ne garantissez pas le rendu d'un produit que vous n'avez pas choisi.
Le taux de TVA
- 10 % — travaux d'entretien et d'amélioration dans un logement de plus de deux ans. C'est le cas courant en peinture intérieure.
- 5,5 % — si la peinture accompagne des travaux de rénovation énergétique, en tant que travaux induits.
- 20 % — logement neuf, locaux professionnels.
Le taux réduit suppose une attestation du client, à obtenir avant le début du chantier. En franchise en base, la question ne se pose pas : vous facturez sans TVA, avec la mention de l'article 293 B du CGI.
Assurance : décennale ou responsabilité civile ?
La distinction est réelle, et beaucoup de peintres l'ignorent. La peinture décorative intérieure relève de la responsabilité civile professionnelle. En revanche, dès que vos travaux participent à l'étanchéité ou à la protection du bâti — ravalement de façade, imperméabilisation, peinture sur toiture —, ils relèvent de la garantie décennale, avec l'obligation de le mentionner sur vos devis et factures.
Durée de validité et planning
Le devis est gratuit sauf mention contraire annoncée à l'avance. Donnez-lui une durée de validité — trente jours — et indiquez la date de début envisagée ainsi que la durée du chantier. En peinture, le client vit chez lui pendant les travaux : savoir combien de jours son salon sera inutilisable pèse autant que le prix.
Les mentions communes à tous les devis sont détaillées dans notre guide sur le contenu d'un devis.